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Château Saint-Lô à l’heure asiatique

On connaissait les Japonais du Bordelais. Voilà maintenant un Thaïlandais. A soixante-deux ans, le docteur Pathom Vongsuravatana ne se contente pas d’administrer de loin une propriété. C’est un œnologue averti et un viticulteur passionné. Issu d’une famille de petits commerçants du nord-est de la Thaïlande, il s’installe à Bordeaux pour des études d’économie. « Lorsqu’à vingt ans je suis arrivé en France, je ne connaissais rien au vin », raconte-t-il.
Pour lui permettre de chasser le mal du pays, ses logeurs français lui font découvrir le jus de la treille. Il fréquente aussi des camarades qui l’initient, parmi lesquels sa future femme. Ses études achevées, il se lance dans l’exportation de cognac en Extrême-Orient et assure avoir été le premier à introduire l’armagnac au Japon.
Mais le Bordelais l’a conquis. Derrière ses grosses limettes, le docteur Pathom devient lyrique quand il parle du vin.
« Le vin, c’est une matière vivante, contrairement au cognac distillé. »
Il prend des cours d’œnologie et rêve de posséder son propre château, dans le Saint-Emilion. Après bien des recherches, il déniche en 1990 une grosse propriété du XIXe* le château Saint-Lô, avec 12 hectares de vignoble et un chai magnifique remontant, lui, au XVIe. « Le fait d’être thaïlandais ne m’a pas posé, de problème d’intégration, assure-t-il. Les règles de fabrication sont les mêmes pour tous… »
Son saint-émilion générique obtient en 1992 l’appellation grand cru et compte deux étoiles dans le Guide Hachette. La production s’élève à 75.000 bouteilles par an et 40 % des exportations sont pour la Thaïlande. Château Saint-Lô vient d’obtenir l’emblème royal sur ses bouteilles, un privilège-très rare.

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